Le 9 novembre, jour chômé à Pôle Emploi

Après un début d’automne plutôt calme et une mobilisation timide contre la réforme des retraites, les syndicats de Pôle Emploi se sont brusquement réveillés le 9 novembre pour observer… une journée de grève. A l’origine de ce mouvement, la suppression de 1 800 postes au plan national.

Le 9 novembre, 36 % des 50 000 agents de Pôle Emploi – 50 % selon les syndicats – ont observé un mouvement de grève pour dénoncer les 1 800 suppressions de postes prévues en 2011 au plan national. Jean-Yves Cribier, directeur régional de Pôle Emploi, nous précise que 1 500 sont des CDD créés pour accompagner la fusion ANPE-Assédic, qui n’avaient pas vocation à être renouvelés au-delà de cette période. Les 300 autres sont des départs à la retraite non remplacés.
En contrepartie, le transfert des activités de recouvrement à l’Urssaf, tâches qui mobilisent aujourd’hui 1 300 agents au plan national, libèrera un millier de collaborateurs qui seront « transférés sur notre cœur de métier », ajoute le directeur régional de Pôle Emploi. En région Centre, où l’organisme emploie près de 1 700 collaborateurs pour traiter 100 000 dossiers de demandeurs d’emploi de catégorie A (personnes sans aucun emploi) et 52 000 de catégories B et C (personnes employées à temps partiel), les gains d’effectif seront en proportion.
Répondant aux accusations de surcharge de travail des agents, Jean-Yves Cribier affirme, statistiques à l’appui, que chaque conseiller de la région a en portefeuille 90 dossiers. Pourtant, à Joué-lès-Tours, « 22 conseillers gèrent les 3 205 dossiers de demandeurs d’emploi inscrits. Dans la réalité, chacun d’entre eux a en portefeuille 115 à 163 dossiers », nuance Philippe Oliveira, de Force Ouvrière. Les 33 autres salariés de l’agence se partagent entre le service liquidation (anciennement Assédic), l’accueil – « majoritairement confié à des employés en CDD pas ou peu formés », déplore Philippe Oliveira –, la facturation et le management, « qui mobilise 5 personnes ».
L’existence de situations extrêmes n’est pas contestée par le directeur régional, qui reconnaît que certaines agences sont actuellement en surchauffe. Quant aux chiffres avancés par les uns et les autres, on sait qu’ils peuvent être sujets au grand écart.
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Court répit

L’élection sans surprise de François Hollande à la présidence de la République ouvre une période de relative incertitude jusqu’au 17 juin et l’installation de la prochaine Assemblée.
Mais l’actualité ne laissera pas de répit au nouveau pouvoir. La situation économique intérieure, d’abord, qui menace de se détériorer encore, avec des vagues de licenciement de grande ampleur et les prochaines échéances de la dette (la France devra lever 12 Md€ dans huit jours) ; la situation de l’Union européenne, ensuite, avec les graves menaces d’implosion politique, autant   qu’économiques, qui pèsent sur la Grèce. Jamais, depuis 1958, un nouveau gouvernement n’aura été confronté à autant d’obstacles. Il faudra que François Hollande et son futur Premier ministre montrent de la détermination et une capacité sans faille à maintenir le cap dans la tourmente. Quitte à jeter par dessus du bord certaines promesses qui, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
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