Les dirigeants de ThyssenKrupp se sont donné jusqu’au 19 décembre pour trouver des repreneurs aux usines d’Amilly et de Vendôme. A défaut, ils ont prévu de signer...
un chèque pouvant aller jusqu’à 75 000 € à chacun des salariés qui seraient privés d’emploi. Une somme se situant plutôt dans la fourchette haute des canons en vigueur.ThyssenKrupp Sofedit s’est donné jusqu’au 19 décembre de cette année, avec une éventuelle prolongation en 2009 si des discussions étaient engagées à cette date, pour trouver un ou des acquéreurs à ses trois usines d’Amilly (45), de Vendôme (41) et d’Auxi-le- Château (62). Résolus à dénicher les perles rares, les Allemands ont même décidé de rendre les deux premières citées plus attractives en transférant une activité de galvanisation et de cataphorèse assurée jusqu’à présent à St-Romain-de-Colbosc (76) et une autre de l’usine percheronne du Theil-sur-Huisne (61) sur l’un ou l’autre des deux sites de la région Centre : une manne qui représente près de 1,5 M€ de CA en rythme annuel. D’autres contrats pourraient être concédés aux sites repris si leur nouveau propriétaire était un industriel de l’automobile. Le candidat à la reprise de Vendôme a jeté l’éponge mais s’intéresse à Amilly A Vendôme, le candidat un moment intéressé par le site a finalement jeté l’éponge pour focaliser son attention sur… Amilly. Les visites se poursuivent, dans le Loir-et-Cher et dans le Loiret : un sous-traitant de l’automobile et une entreprise du secteur aéronautique ont regardé très récemment les dossiers de reprise. Quant au sort de l’usine d’Auxi, de moindre importance (209 postes, dont 39 vont être prochainement supprimés), il pourrait bientôt être réglé. L’offre d’un fonds d’investissement français, jugée “acceptable”, est examinée par la direction du groupe. L’effectif du site du Pas-de-Calais devrait se stabiliser, à terme, autour de 160 salariés après quelques départs en pré-retraite. S’il a mandaté un cabinet pour la reprise de ses deux sites, ThyssenKrupp Sofedit se prépare néanmoins au pire. Des offres de reclassement vont être soumises aux salariés touchés par le plan. En contrepartie du bon millier d’emplois rayés des effectifs du groupe à Amilly (480), Vendôme (386) et Auxi (209), 543 postes doivent être créés sur les autres sites industriels, notamment 248 au Theil-sur-Huisne, commune distante d’environ 70 kilomètres de Vendôme, et 229 à Sermaises-du-Loiret, dont l’usine se situe à quelque 60 kilomètres d’Amilly. Des conditions avantageuses seront proposées aux salariés acceptant une mutation. Deux centrales syndicales - la CGT a refusé de signer - ont paraphé l’accord présenté par la direction. Il sera donc appliqué puisque n’ayant pas été dénoncé dans les délais requis. Une prime de mobilité d’au moins 7 000 €, mais pouvant atteindre 14 000 € pour les salariés ayant plus de 25 ans d’ancienneté, sera versée dans le mois suivant la période d’adaptation au nouveau poste. Une incitation à la mobilité sur les usines du Theil et de Sermaises Pour ceux qui accepteraient d’être mutés dans une usine se situant à moins de 80 kilomètres de leur domicile (une distance supérieure à celles séparant Theil-sur-Huisne de Vendôme et Sermaises-du-Loiret d’Amilly, NDLR), un véhicule sera mis à leur disposition durant trois ans par l’entreprise, à condition qu’ils puissent se regrouper à deux personnes au moins par voiture. Pour ceux qui préféreraient déménager, une indemnité – jusqu’à 9 000 € pour une famille de quatre enfants – sera débloquée pour couvrir une partie des frais d’installation. Pour les salariés acceptant un départ volontaire, il est prévu le versement d’indemnités tenant compte de l’ancienneté : de 55 000 € au maximum pour les salariés ayant moins de 15 ans d’ancienneté jusqu’à 75 000 € pour ceux ayant plus de 20 ans d’ancienneté. Une enveloppe plutôt supérieure aux dernières normes (pour Gemalto à St-Cyr-en-Val, l’indemnité cumulée peut atteindre 100 000 €, NDLR). Enfin, les représentants du personnel ont obtenu de leur direction que la moitié des heures de grève de mai et début juin soient payées et que l’autre moitié soit remboursée en septembre, sous réserve qu’il n’y ait pas d’autre mouvement d’ici à la fin des consultations et que les sites touchés retrouvent leur niveau de productivité du premier trimestre. Des conditions marquant la volonté d’apaisement du groupe allemand et qui ont emporté l’adhésion de la majorité du personnel, au grand dam de la CGT qui n’a pas voulu, pour autant, entamer un bras de fer avec la direction.














