Les Français ont largement sursouscrit à l’appel de fonds de Duralex
le 04 novembre 2025 à 16h05
Au
matin du 3 novembre, Duralex lançait, via la plateforme de
crowdfunding
Lita, la campagne de financement participatif destinée à lui rapporter au
maximum 5 M€. En quelques heures, les promesses d’investissement atteignaient 7
M€ et le lendemain elles culminaient à 18,5 M€. L'engouement a été tel que ses initiateurs ont décidé de clôturer la souscription à peine plus de 24 h après son ouverture et deux mois avant la fermeture prévue. Sous réserve que les promesses se
traduisent par des versements effectifs, l’appel lancé par le verrier de La
Chapelle-St-Mesmin a donc porté très au-delà des espoirs initiaux, preuve que
Duralex est
« vraiment l’entreprise des Français »,
s’enthousiasmait lundi son directeur général François Marciano.
Mais le plus difficile pour la société coopérative de production
(Scop) créée en juillet 2024 par les salariés commencera dès que les fonds
seront en caisse. Car en dépit des audacieux coups de com et des partenariats
(le Slip français, La Poste, la boutique de l’Élysée et récemment le vinaigrier
orléanais Martin-Pouret), l’entreprise est fragile et sa pérennité menacée. Ce
que confirme François Marciano qui reconnaît que
« Duralex n’est
pas encore totalement sauvée ».
Dans un communiqué publié le 3 novembre, il annonçait un CA de 32 M€ sur les quatorze derniers mois, là où il aurait fallu 36 M€ pour atteindre l’équilibre.
Selon les chiffres de l’audit comptable que nous avons pu nous
procurer, l’EBE était négatif de 4,4 M€ à fin août, treize mois après le début de l'exercice qui s'est clôturé le 30 septembre. Les conditions très avantageuses d’achat du stock de matières
premières et de produits finis transformaient, de manière un peu inespérée, la perte d'exploitation en EBE positif. Jusqu'à quand ? Ce stock acquis à bon compte – 22 M€ au-dessous de son prix réel, conclut l'audit comptable – permettra de lisser les résultats durant quelques
mois encore, mais Duralex devra impérativement augmenter ses ventes et réduire ses charges pour sortir la tête de l’eau. Aujourd’hui, la Scop peine sous le
poids des coûts énergétiques et logistiques, et aussi des frais de structure, de 36 % supérieurs aux prévisions. Et Duralex a du mal à s’imposer
commercialement en Asie, en Europe du Sud et centrale.
Une
partie des fonds levés servira à acquérir des machines et des moules pour
lancer de nouveaux modèles. Espérons que ces derniers susciteront la même ferveur que la
campagne de financement qui vient de s'achever par un triomphe populaire.
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